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Magazine février 2016 "Arme hors service, finalement peu de demandes"

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JeM

Messages : 3211
Date d'inscription : 07/01/2013
Age : 32

Magazine février 2016 "Arme hors service, finalement peu de demandes"

Message par JeM le Sam 30 Jan 2016, 21:03

Extrait du magazine AG&C N°75 - Espace public ouvert aux commentaires.

Fin décembre nous avons mis en place un petit questionnaire sur l’état des demandes du port de l’arme de dotation hors service.  Celui-ci n’est qu’un échantillon et vient compléter les nombreux retours que nous avons eu. 

Sur quelques 460 participants nous notons que la grande majorité n’a même pas fait la demande, environ 68 %.  Ce qui correspond tout à fait aux messages qui nous sont adressés. Lors de la parution dans la presse de ces propositions de port d’arme et encore plus dès sa mise en place par la Police Nationale quelques jours seulement après les attentats du 13 novembre, la majorité des sondés sur nos espaces étaient favorables voir volontaires pour faire la demande.

On nous rapporte aujourd’hui que dans certaines compagnies les demandes ne se comptent même pas sur les doigts d’une main... A peine quelques centaines voire quelques milliers sur des dizaines de milliers d’effectifs sur le plan national ont finalement fait la demande. 
Il semblerait qu’une fois l’émotion des attentats retombée la volonté de s’armer en position de repos en ait fait de même. Sans oublier l’annonce de la Police Nationale avant même que cela soit discuté en Gendarmerie, pendant quelques jours (le temps que la DGGN étudie le sujet) de nombreux gendarmes se sentaient oubliés comme si nous avions raté le train en marche, une fois ce droit obtenu (sous réserve d’une autorisation) la pression est retombée. 
Mais finalement ce sont bien les conditions requises pour bénéficier de cette autorisation qui signeront la fin de cet  engouement. Aujourd’hui certains pensent qu’elles sont trop restrictives quand d’autres qu’elles sont bien légitimes, et sur ce dernier point force est de constater que c’est du 50/50, « Les uns ont raison quand les autres n’ont pas tort »... Finalement sur ces 460 participants seulement 2% peuvent aujourd’hui porter l’arme en repos. Les 29 % restants sont toujours en attente ou ont vu leurs demandes refusées.
AG&C s’était clairement positionnée dès le départ et le temps semble lui donner raison. Nous faisions le distinguo entre la réalité des besoins pendant l’état d’urgence, la sécurité de nos camarades en tout temps et en tous lieux, la réalité des formations et des contraintes inhérentes à la l’usage des armes pendant l’état d’urgence mais surtout par la suite en rénovant l’ensemble des process,  et la prise en compte de la seule vérité valable qui peut justifier un manque de sécurité: le trou à l’emploi !

Si nous sommes favorable à une autorisation du port d’arme hors service cela doit s’appliquer à certaines conditions et en faisant abstraction de toutes justifications aléatoires sur d’hypothétiques risques de tomber sur un terroriste. Car si effectivement le risque existe nous pouvons tout autant présumer l’hypothèse du contraire ou tout simplement d’un hypothétique accident d’un gendarme en repos qui se ferait subtiliser son arme (comme le policier dans le RER il y a quelques années) avec les conséquences qu’on connait. Sur des suppositions nous pouvons envisager toutes les possibilités, et il est facile de contredire avec des faits de tels arguments. Nos concitoyens attendent de nous que nous soyons raisonnables et rationnels. Si aujourd’hui un gendarme en civil est en danger sur le territoire c’est parce que nous manquons de sécurité. On augmente la sécurité avec des forces de l’ordre en service et en quantité, forces de l’ordre soutenues et accompagnées d’une justice au rendez-vous. On ne comble pas les lacunes sécuritaires dans l’urgence avec des personnels en position de repos ayant travaillés plus de 80 heures en 5 jours, sauf sur la base d’un volontariat encadré, d’un volontariat raisonnable et justifié. En ce sens la DGGN sur l’impulsion du premier des gendarmes le général Favier à parfaitement gérer la question.

En Gendarmerie la question de l’arme de service et de son utilisation est à revoir de fond en comble. Une arme à feu tue !  Ce qui tue doit faire l’objet de toutes les attentions, les gouvernements depuis 30 ans ont dépensés des milliards dans la sécurité routière alors pourquoi ne pas en faire autant en mettant la moyens dans l’instruction au tir? 
D’un côté dans l’urgence, par effets d’annonces, pour faire plaisir aux électeurs biaisés sur la réalité de leur sécurité on envoie des bleus en famille, pétard sous la veste car nous n’avons plus les moyens humains d’honorer les tâches régaliennes et dans le calme une fois le choc passé nous ne sommes pas capables d’agir raisonnablement. 

Port de l’arme hors service pendant l’état d’urgence? AG&C va plus loin, nous souhaitons que de vrais moyens soient mis en œuvre pour former les gendarmes à l’usage des armes. Un gendarme assermenté doit pouvoir s’entrainer au tir régulièrement, au moins à un rythme équivalent de celui qui pratique du tir sportif. Dans notre pays un amateur de tir ayant une licence sans être détenteur d’une carte professionnelle de la Gendarmerie peut tirer incommensurablement plus qu’un gendarme.  Quel est ce pays où un membre des forces de l’ordre possède autant d’expérience au tir qu’un citoyen allant faire du tir à la 4,5 dans une fête foraine une fois par an (ou deux, soyons sympa) ? 
Un peu de décence et de réalisme, formons nos gendarmes à la hauteur de leurs missions, à la hauteur de leurs engagements. Ensuite nous pourrons envisager comme cela se fait dans certains pays la possibilité de porter son arme en tout temps. 
Et enfin comme les dernières promesses de nos gouvernants le laissent à penser, recrutons et formons les effectifs requis à la survie de notre sécurité à tous ! 

Si AG&C se positionne plutôt en contradiction des quelques publications que nous avons pu voir à droite ou à gauche depuis deux mois il n’en reste pas moins que nous sommes là pour défendre les intérêts de tous et signaler et combattre les injustices. En ce sens il nous a été rapporté à plusieurs reprises les agissements de certaines compagnies suite à la demande du port d’arme hors services ; La note de la DGGN est très claire mais comme trop souvent certains barons ignorent les consignes de leurs supérieurs. Les supports en ligne internes permettent de faire la demande en associant l’avis (ce qui est normal) du commandement local mais il apparaît que quelques commandants de compagnies se sentant tout puissant n’apprécient pas la manœuvre et empêchent les gendarmes de faire leurs demandes. Voir réunissent les demandeurs après coup pour les sermonner comme des enfants mal éduqués. Nous nous opposons à de telles pratiques et s’il venait à y avoir des conséquences (notation par exemple) nous ne nous ferons pas prier pour les dénoncer. Le processus mis en œuvre par la direction générale vaut loi dans nos rangs et il s’applique à tous !


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